DIRECTOIRE DE FORMATION

 

 

Pour conduire à Dieu nos frères, nous avons fait le choix d’un apostolat accordant une place importante à l’explication du mystère de la foi. L’éveil de l’intelligence est donc une voie à prendre en compte comme étant intimement liée à l’adhésion du cœur et de la volonté. C’est pourquoi le missionnaire doit enrichir son témoignage personnel d’une formation appropriée lui permettant de rendre compte de manière approfondie de son espérance, de prendre la mesure des défis posée à l’homme dans la société moderne et de nourrir sa relation à Dieu.

 

1. Le savoir que nous voulons

 

a. Quel enseignement théologique ?

Nous recherchons les enseignements qui nous permettent d’établir un lien entre l’apostolat et la vie de prière. Cela nous incite à ne pas nous contenter d’une argumentation purement apologétique (de type questions/réponses) qui, donnant des réponses segmentées et trop utilitaires nous prive d’une compréhension totale du Mystère. Elle se révèle souvent trop théorique et décalée par rapport à la formulation réelle de ces questions par les incroyants eux-mêmes.

Ainsi dans l’examen d’une question théologique, nous aurons toujours à cœur de parcourir les sources et la Tradition, d’Abraham à l’actuel successeur de Pierre. Une analyse en profondeur de l’Ecriture, des Pères de l’Eglise et de l’enseignement du Magistère sont un préalable nécessaire à une synthèse spéculative et indispensable à la prédication apostolique.



b. La rencontre de la modernité

 

Ce parcours de la Tradition nous montre l’effort constant de l’Eglise pour exprimer la permanence de la foi au regard de ce que l’homme sait et comprend sur lui-même, sur le monde qui l’entoure, sur son pouvoir et ses devoirs envers celui-ci. Dans le cadre de ce que nous appelons la modernité, ce travail de réflexion de l’homme s’élabore de plus en plus –et désormais de manière quasi exclusive– en dehors de toute référence chrétienne. La vie et la pensée de nos contemporains sont conditionnées, même inconsciemment, par cet environnement intellectuel, c’est-à-dire par des idéologies diverses, souvent contradictoires entre elles, mais unies par leur opposition au christianisme. Il importe de ne pas les sous-estimer.

Même si se confronter à ces idéologies n’est ni le souci premier de la communauté, ni la mission de tous ses membres, nous devons être conscients de cet environnement pour que notre action soit une évangélisation et non la restauration de cadres de vie et de pensée anciens.



c. La rue comme lieu théologique

Si l’apostolat se nourrit de la formation dispensée dans les cours et publications, réciproquement la compréhension théologique tire un grand bienfait de la confrontation active avec les objections de nos contemporains. Nous avons souvent remarqué que la rue elle-même –ou le café– dans l’échange direct qu’ils permettent, sont l’occasion d’une parole qui nous oblige à exprimer à frais nouveaux le dépôt de la foi. Bien souvent, les intuitions les plus fortes sur le mystère de Dieu, sur le drame du mal, sur la personne du Christ ou la beauté de l’Eglise ont jailli dans le feu de la discussion avec un interlocuteur tout près d’être gagné à la foi et pour lequel on trouve soudain une expression plus juste, plus imagée, plus complète, de la vérité révélée. Bien sûr ce surgissement n’est possible que nourri au préalable par les sources de la foi et par la méditation silencieuse.

 

 

 

2. Les modes de diffusion de la formation

 

a. Niveaux de formation

Aucun niveau culturel ou théologique préalable n’est requis pour entrer dans la communauté, en revanche, chaque membre, pour les raisons mentionnées ci-dessus, aura à cœur, tout au long de sa vie, de progresser dans la connaissance et la compréhension du dépôt de la foi.

Les formations suivies auront pour but de rendre chacun capable d’une prise de parole pour rendre compte de sa foi, de sa méditation des textes de l’Écriture et de l’enseignement de l’Église.

Ceux qui le souhaitent sont incités à pousser plus avant leur connaissances en matière de théologie, de morale, d’exégèse, d’histoire de l’Église, jusqu’à obtenir éventuellement une reconnaissance universitaire.

Indépendamment de cela, la communauté encourage toute initiative de nature à faire progresser chaque membre dans la connaissance de la foi.


b. Lieux de formation

1) Un thème théologique est élaboré chaque année par les prêtres de la communauté sur un rythme de quatre ans (Dieu, le Christ, l’Église, l’homme). Ce cours, découpé en séances mensuelles, est diffusé :
- par un support écrit envoyé à tous les membres
- par des cours publics dans le cadre de paroisses ou de mouvements là où la communauté est engagée.

2) D’autres instruments de formation sont proposés :

- La lecture méthodique du Catéchisme de l’Église Catholique
- des groupes de recherche liés aux mouvements d’apostolats comme ceux animés par le mouvement Résurrection
- la revue Résurrection
- toute initiative suscitée par des membres d’Aïn Karem pour approfondir et faire progresser la compréhension de la foi et sa diffusion
- des listes de lectures conseillées
3) Les formations officielles de l’Église

Les membres qui le souhaitent pourront recevoir avec profit les cours spécialisés du diocèse qui compléteront leur formation sur des points essentiels notamment l’exégèse, la doctrine sociale de l’Église, l’histoire de l’Église. Nous pensons en particulier aux cours de l’Écoles Cathédrale et d’autres lieux de formation universitaire.